Daughters City Gang

Elles constituent le biseau aimanté de ma boussole. Celui qui te donne le cap, te fait garder le Nord. Elles savent déjà que leur père est bourré de défauts, qu’il fera des erreurs mais que sans Elles, il n’est pas grand-chose et qu’avant Elles, il n’était rétrospectivement qu’un moins que  rien. Et qu’il n’aura d’autre choix que d’être sur le chemin de l’excellence beaucoup plus qu’avant. Question de fierté et d’exemple. Moins de fois tu tombes, plus tu finis la course fort et droit.

Je te vois d’ici, internaute. Tu te dis que les trentenaires se sentent tous obligés de dire du bien de leur progéniture avec tous les clichés qui vont avec. J’ai envie de te dire que j’en ai rien à cligner de ton avis, vois-tu. Passé 20 secondes, le cliché n’en est plus un une fois que tu endosses le costume de Chef de meute. Le jour où quelqu’un t’aimera inconditionnellement, sans arrière-pensée, sans calcul ou autre théorème pour parvenir à tirer quelque chose de toi, alors tu pourras éventuellement lever la main et faire une objection. Elles, mes Filles, et je le lis dans leurs petites prunelles bleues, elles comptent sur moi, exigent de moi que je sois présent, toujours au rendez-vous, n’importe où, n’importe quand. Pas d’excuses qui tiennent. C’est difficile parfois. Mais elles te le rendent au centuple. L’or pèse et fait ployer les cous, mais il n’y a rien de plus précieux. Une fois que tu as passé le portique « papa », avec ou sans métal, avec ou sans casseroles, une nouvelle vie commence, qu’importent les sonneries. Nouveaux fuseaux horaires, nouvelles priorités, nouveaux enjeux, nouveaux motifs d’inquiétudes qui chassent tous les précédents. Loin des clichés. Mais les portes qui s’ouvrent à l’embarquement permettent de voir se refermer toutes les autres derrière soi, surtout quand elles étaient surmontées de guillotines.

Si tout se confirme, Elles devraient tenir la dragée haute à bon nombre de leurs homologues masculins. Faites du même bois, avec un caractère bien trempé dans l’acide chlorhydrique, j’imagine quand même déjà tous vos subterfuges pour déjouer ma vigilance et faire les 400 coups, comme une mise en abyme des coups de vice de Mom & Pop. Mais la lumière est toujours plus importante que ce qui est éclairé. Mes lumières, mes étoiles me guident en plein soleil comme dans la nuit noire, dans le désert ou le long de mon tunnel / cloaque. Elles restent repères et chassent mes chimères de famille qui peuplent mes rêves et cauchemars dont je ne me souviens jamais au réveil mais qui m’enserrent et font qui je suis et planent au dessus de chacune de mes erreurs. Père qui embrasse ses filles mais père qui n’hésitera pas à te faire saigner toi ou toi si je dois en passer par là. Rien ne change, tout se transforme, rien ne se perd, mais n’approche pas trop près de mes filles tout de même, j’ai sonné au portique, enculé.

Prop’s à Tcho Antidote / Steph Freshnews / Dimitry Mbakop / Raaf MP / Lartizan / Jee / Hakan et à tous les Autres.

9 réflexions sur “Daughters City Gang

  1. très bien très bien, ça fait presque patienter en attendant les multiples chroniques promises. Oui, je ne suis pas le mieux placé pour tenir ces propos.
    bien ouej.

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  2. Bien bien tout ça…
    (j’aurais bien vu aussi Akh « Mes soleils et mes lunes » à la fin ;-)).

    Sinon à part ça, bien le bonjour à toi Somno…

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  3. De « Tomorrow is my turn » à « Daughters City Gang »… Je suis fière de nous, et d’elles.

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  4. Incorrigible sauvageon (fût-il éclairé). Ça commence en tendre ritournelle… et ça finit nécessairement en forme d’ In cauda venenum: « …père qui n’hésitera pas à te faire saigner toi ou toi si je dois en passer par là. […] n’approche pas trop près de mes filles tout de même, j’ai sonné au portique, enculé », avec la rituelle dose de sang versé, et LE mot grossier par excellence en guise de point final… ;-)

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  5. tu te souviens de ce que j’appelle un « artiste » ?
    je confirme, mon copain, que t’es un grand Artiste.

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  6. La guerre du feu, la guerre du jeu, Chimères ou père qui chie sur le fait qu’un homme autre que lui devra reprendre le relai???

    QUI……..de CHARLES AZNAVOUR!

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