Conseils beauté et shopping d’une dormeuse…

Ok, Noël est passé, la thune est rentrée mais aussi beaucoup plus partie dans la majorité des cas. Heureusement, histoire de rééquilibrer la balance économique mondiale et de rehausser le P.I.B de notre vieux beau pays, mon compatriote et moi (haha, si vous saviez) nous permettons de donner quelques bons plans consommation à nos quelques lecteurs égarés, inconscients et surtout tolérants. Wé, qui peut se targuer, dans ce pays et en 2008, de relancer la consommation, le marché du disque et les relations de couple en vous faisant faire de substantielles fucking économies à part un mec spécialisé dans le foutage de merde partout où il passe et un second qui se fait fort d’expérimenter systématiquement la sensation inverse de l’aérodynamisme ? La sélection de Catin arrivera dans la foulée d’ici quelques jours, contenez-vous encore un peu.

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Le négatif parfait de l' »American Gangster » de Jay-Z exécuté par l’ébéniste de LZO Record, j’ai nommé Lartizan. Ou comment réussir à être créatif et brut de décoffrage dans l’urgence tout en ayant la lucidité (tout aussi brute, d’où l’intérêt du blog)de commenter ce même processus créatif sur lequel il est si difficile d’avoir un recul suffisant. La plupart des sons de l’original se font remballer, comme si un petit ébéniste auvergnat avec 38 ans de métier mettait à l’amende Philippe Starck sur la commande d’un meuble. Une patine dûe à cette fameuse spontanéité, une absence certaine de calcul et l’inspiration qui font qu’on ne compare pas une horloge comtoise avec une Flick Flack. Addictif et jouissif, à la surprise même de l’intéressé.

Lartizan presents The French Gentleman

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Toulouse, capitale mondiale du blend ? Faut croire puisque l’homme Jee, déjà universellement connu pour ses déboires avec la gente féminine, que ce soit avec son cyber harem ou dans la vraie vie (la vie Auchan), est l’auteur de ses blends magiques dont le FAMEUX « Worldwide » de Raphaël/Shyheim/Loucha, découvert grâce à Beleck. Morceaux français sur instrus US et vice versa, Recognize & Realize pt II de Noyd/Mobb Deep comme papa dans maman sur l’instru du Mégotrip, même punition pour la Lettre au Président de Fabe sur le « Changes » de Shades Of Brooklyn, relecture togolaise du Paula’s Jam de Paula Perry sur Blessé dans mon égo, le couplet de C.R.E.A.M du Chief sur « L’homme que l’on nomme diable rouge », etc…

Orijeenal Blends (1998)

L’homme Corrado poursuit l’exercice depuis la ville rose et s’apprête même à lâcher dans la nature en cette fin janvier la deuxième saison de la mixtape Sopradope :

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Ta femme a ses règles ? Eloigne ce mix-cd de ta moitié. Ou rapproche-le, suivant tes (mauvaises) intentions. Voix pitchées, thug music, forcément un autre délire que les Pure Premium mais toutes les bonnes choses se font désirer et il faut parfois embrayer sous peine de caler sur la voie de gauche du Périph’. Le sang appelle le sang, en attendant le serpent de mer qu’est le DVD/Mixtape Metro Veteranz, l’arlésienne qu’il fait bon attendre.

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La minute bordelaise. Toi aussi tu as été élevé à coup de Radio Sauvagine, Radio Black Box, le Bled Squad Punisher, les Fatal Flow, le collectif Sang Noir, Slama Jama, les Jongleurs Linguistiks, 187 Prod, Ousmane 33400, Jeff le Cervo, Kartel 357/Guerriers Du Son et Asphalt Bangerz League ainsi que les dingues qui se cachaient derrière le fanzine Reprezent, Pipapok et First Time te disent quelque chose ?

En quelques mots, sans doute le groupe de demain sur Bordeaux, celui qui progresse à grands pas et corrige ses défauts suffisamment vite pour durablement passer les paliers et les frontières du département. Jetez-y une oreille comme Van Gogh, on en reparlera dans quelques temps. « Danse de zoulou » aka le morceau qui te trotte dans la tête toute une journée après la 1ère écoute. Les Aubiers et M-Allians, papa.


Danse de Zoulou

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Enfin, la minute Grouillons de Culture, celle où tel un certain Bernard Pivot, je vais à moi seul orienter des centaines de milliers de lecteurs à la seule force du poignet, simplement parce que j’aurais cité ces titres-là et pas d’autres… Les éditeurs concernés peuvent me joindre pour obtenir un R.I.B à jour, c’est sans problème.

Oui, donc :

« Histoire de Dieu à un coin de rue » (« Historia de Dios en una esquina ») de Ledesma.

Bouquin chiné au hasard, exactement comme ceux qui suivront d’ailleurs. Une punchline toutes les deux phrases, un vrai putain de style, une plume trempée dans la Transition espagnole et même la transition tout court où notre lubrique personnage principal d’inspecteur regrette l’ère dans laquelle il entre et l’ancien monde qu’il voit péricliter à grands pas. Pour peu que l’on ait quelques notions de la civilisation espagnole de ces 50 dernières années, le bouquin est un délice, une bénédiction pour une future adaptation ciné, même si la moelle de l’œuvre n’est pas tant l’intrigue tordue et géniale que ce fameux style et ces états d’âme constamment contrebalancés par un humour pince sans rire. A noter que la traduction est réellement travaillée et réussie, à tel point que le rythme et la construction des phrases sonnent véritablement ‘à l’ibérique’. Un grand plaisir donc de retrouver les héros récurrents de Ledesma, l’une des figures du journal catalan La Vanguardia : le Vieux Barcelone et l’inspecteur Méndez.

http://www.editions-l-atalante.com/pages/auteurs/insomniaques/ledesma.htm

http://pagesperso-orange.fr/arts.sombres/polar/3_dossiers_entretien_ledesma_fr.htm

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« Psycho » (The Skin Gods) de Richard Montanari

Ah, la magie du marketing et le génie de l’accroche. « Un maître de l’angoisse ». Une citation de James Ellroy qui prend même la place du propre nom de l’écrivain du bouquin sur la couv’. Tape à l’œil et persuasif, pour peu qu’on soit amateur du damné de Los Angeles. Une fois la banane digérée, reste un sens de la construction du récit impressionnant et qui est d’ailleurs le point fort du bonhomme. Un metteur en scène n’aurait qu’à se baisser pour l’adapter tant le tout est balisé et (très) habilement amené. Impossible par exemple de deviner l’identité du tueur jusqu’aux toutes dernières lignes. La description de Philadelphie vaut aussi le détour même si ce personnage-là aurait mérité une plus grande place au final. Du point de vue du style, c’est une autre paire de manche. Faute d’avoir ingéré la version originale, ma pseudo critique éclair ne sera jamais pertinente, mais force est de constater que Montanari a fait plaisir à son éditeur en cédant aux avances insistantes de ce dernier tout guilleret à l’idée de rééditer le coup de son premier opus. Ah oui, j’vous ai pas dit ? En fait, j’ai lu là le deuxième tome des « aventures » des inspecteurs Byrne et Balzano. La citation d’Ellroy concernait d’ailleurs ce « Déviances » (Rosary Girls) que j’ai acheté entretemps. Lecture à rebours à éviter si jamais un potentiel lecteur passe par là puisque l’intrigue du 1er est spoilée dans la suite. Logiquement.

Propos du livre ? Un assassin qui prend malin plaisir à faire le copycat mais en reproduisant cette fois-ci des scènes de meurtre de classiques du cinéma tout en se mettant en scène et en se filmant avant de semer au vent ses snuff movies… Ca paye pas de mine mais quand on s’aperçoit que Montanari joue autant avec nous que son psychopathe avec sa caméra, on rigole moins, et on avale les pages le plus vite possible pour effacer les points d’interrogation. Malin, le bougre.

http://www.richardmontanari.com/

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« Les vitamines du bonheur » de Raymond Carver.

Gros client en la personne de Carver, l’un des meilleurs écrivains de nouvelles de l’histoire avec les Hemingway, Cervantes, Edgar Poe, Tchekhov, Buzzati, K. Dick et Borgès. A la lecture de ce recueil, on sourit. On sourit en repensant aux ridicules pastilles de Delerme dans ses « Première gorgées de bière et autres plaisirs » (sic). Ou à ces écrivains de pacotille comme Paulo Coelho, Werber, Levy… Les écrivains du rien qui sous couvert d’une (bonne ?) idée, s’arroge les galons d’écrivains. Ok, s’ils vendent des brouettes d’exemplaires, de par le monde qui plus est, c’est que le phénomène est loin d’être anodin. Wé mais non. Voici et Closer vendent plus que Le Monde Diplo, et alors ? ¿Te suena ? Bon, Carver écrit comme Selby respirait : avec la mort en vis-à-vis, le souci de raconter, de jeter des scènes du quotidien sur la toile, sans pinceau mais avec les doigts. Sans trop en faire mais avec ses empreintes à même la peinture. Au contact du papier, au contact du réel. Ecrire à ventre ouvert, les mains dans les tripes, l’encrier le moins cher du monde. L’urgence au bout du canon, un instantané de vie aussi éclairé qu’une scène du Caravage : à la bougie, le clair obscur dictant seul les contours du récit. L’Amérique sans Director’s Cut, celle qui travaille plus pour mourir plus gros, plus seuls, plus tristes. Même ANU serait à court de superlatifs. Aussi dangereux que Mind à un congrès de Greenpeace ou que Bachir qui se décide à numériser sa bibliothèque d’Alexandrie à lui.

Mes respects.

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