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ZIko - C2 La Balle mixtape

Coming soon…

:)

Sans transition avec le billet précédent, on vient troubler la partie de Scrabble de la maison de retraite de ton quartier, on incruste des 9 lettres avec des mots improbables, mais ce qui compte, c’est le Swinging Partners de l’homme Corrado.

01.HAROUN – La routine – BLEND
02.FABE – Des durs, des boss, des dombis – BLEND
03.DANY DAN – EKOUE – KALASH – Malgrés l effort – BLEND
04.SAGES POETES DE LA RUE – Qu’est ce qui fait marcher les sages ? – BLEND
05.ZOXEA – Rap, musique que j aime – BLEND
06.ROCE – JL – Qui nous protège ? – BLEND
07.LA CLIQUA – Né pour ça – BLEND
08.KOMA – La peur du lendemain – BLEND
09.CASEY – Le fusil dans l’étui – BLEND
10.LA RUMEUR – P.O.R.C – BLEND
11.OXMO PUCCINO – Tiroir caisse – BLEND
12.SUPREME NTM – Police – BLEND
13.DADDY LORD C – Les jaloux
14.X MEN – Jeunes coupables et libres – BLEND
15.LA CLIQUA – Hip hop sacrifice – BLEND
16.SUPREME NTM – Seine saint denis style – BLEND
17.ROCE – Ricochets – BLEND
18.RAPHAEL – SHYEM – LOUCHA – Worldwide – BLEND
19.BUSTA FLEX – Kick avec mes nike – BLEND
20.X MEN – Justifiables
21.FABE – L’axe – BLEND
22.KOMA – Tout est calculé – BLEND
23.LA RUMEUR – Les écrits restent – BLEND
24.HIFI – L’élévation – BLEND
25.ROCCA – Le Hip Hop mon royaume – BLEND
26.JL – Mon coin de paradis – BLEND
27.OXMO PUCCINO – Mama lova – BLEND

L’âge d’or, là je dors…

http://www2.partage-facile.com/1064424-CORRADO_-_BLENDS.rar.html

JR Ewing – Self Defense n°6

Mixtape sponsorisée par la NRA, Charles Bronson et Dirty Harry, ça goume dans tous les sens, la face A est en mode Vigilante, la Face B résonne comme les dernières secondes d’Amadou Diallo : une entreprise de démolition qui obéit aux règles de l’art, éliminer tout ce qui bouge. Arsenal Records n’a jamais aussi bien porté son nom, pas de balles à blanc, Jacques a dit “Tu veux vraiment jouer au con ?“, et tout le monde a perdu façon Trench Coat Mafia…

Je dois cette tape à mon poto Average Nigguh? avec qui je l’avais pariée. Histoire de, voici l’objet du pari : l’un de nous maintenait que le Al de “Al & Adil” était le même qui avait bossé avec Ant’One, Kent Zo et Stofkry… L’autre affirmait qu’ils n’avaient absolument rien à voir. J’ai gagné sa tape au final, bien m’en a pris de miser cette fois-ci. Holla @ toi, bro’ colis.

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JR Ewing – Metro Veteran N°7

Enorme K7 autour des Metro Veterans à la sélection encore une fois parfaitement thématique. Les mines anti-personnelles s’enchainent, les mozambiquais meurent au pas de course, même le pingouin dans Le Fugitif pourrait se vanter d’avoir acquis son moignon en écoutant “Streets R Calling” de C.O.D Crew. Un sommet de la cassette mixée avec jingles, intros, outros, pochette, sélection jamais pris en défaut. Encore, oui. On essaie de compter les jambes sur le bord de la route mais c’est un peu comme essayer d’établir le palmarès de Victor Bout en la matière. Crime end-to-end par aérosol… Le serpent de mer reste quand même le projet de DVD mixtape façon clip non-censuré du Hardcore d’Ideal J (que l’on doit au ‘Sieur Ewing) prévu depuis quoi… 4 piges.

On y croit, tant que les jambes nous portent, on y croit…

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JR Ewing & Armeni Blanco – The Punisher Mixtape N°8

Aïe, aïe, aïe… Tout simplement la pièce la plus chère de ma collec de tapes qui s’élèvent à quelques 500 bandes chromées originales. C’est dire. La plus chère parce que :

1/ c’est la dernière qu’il me manquait de toute cette satanée série.

2/ elle a été éditée à 600 exemplaires.

3/ je suis relativement dingue, et je le referais s’il le fallait, même si elle m’a coûté un bras (tant que c’est pas une jambe, cf. + haut…) et que je l’ai eue en mp3 avant de la toucher en OG.

Spéciale Big Pun donc avec de l’inédit et du classique, un hommage du colombien Rocca au gros porto-ricain. Le fils ès flow de Kool G Rap s’en donnait à coeur joie, trop peut-être avec 2 grammes de sang par litre de cholestérol… Le Danacol n’a pas atteint le Bronx, mais cette K7 est maintenant dans mon tiroir, vous pouvez envoyez vos dons à Noreaga et Fat Joe, une sorte de geste préventif quoi.

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JR Ewing – Cop Land N°9

Sib “The Hun” Austin au graphisme. Nos amis volatiles ou porcins sont ici à la fête… Plutôt violente, la fête hein, façon bal de fin d’année de Carrie… La meilleure prod de toute l’existence de Kanye West claque l’entame de la Face A puisque “The Truth” de Beanie Siegel refroidit une première rangée d’hommes en bleu. Le “Get Hype” de Mali démarre comme ce bon vieux “Hips don’t lie” de Shakira / Wyclef puis entame une embardée façon fonctionnaires de la BAC à Sarcelles. La boîte à rythmes des Neptunes éructe un “Mafia” taillé sur mesure pour Kelis avant que Choclair ne signe un inédit énorme avec un hymne sur commande. Ça rôtit comme au KFC, les mangeurs de poulets scratcheurs sont aux anges, mais c’est sans compter sur Ill Bill qui parodie le “How to roll a blunt” de Redman avec son “How to kill a Cop” avant de revenir mettre un coup de plaf’ avec “Gangsta Rap”. Extrait ?

Hey yo, I smoke dust and shoot cops, sold guns to Tupac /
Smoked blunts with Biggie Smalls and sold drugs on newlots /
I was too young, couldnt get up in clubs back in the old days /
We used rob and terrorize kids in front of homebase /
If Funkmaster Flex was inside, rockin the whole place /
We was outside, smacking kids and snatchin gold chains …

Les voleurs en série de Polo Ralp Lo’ décochent la bande originale de Tanguy avec “I Still Live with my Moms” avant que l’armada Tru Life / Prodigy (si ils savaient) / Kool G Rap / Jewell ne détruisent les derniers Roscoe P Coltrane des alentours.

RIP Julie Lescaut, Derrick, Hutch, Rick Hunter, Navarro, Starsky, Tatort, Columbo (qui a enfin touché sa paye depuis le décès de Big L, cf. “The Enemy”, c’est sa femme qui a arrêté de faire la gueule)…

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JR Ewing – Gang Bang Tonight N°10

Stupre et décadence, Tabatha Cash et ses Rêves de Cuir (Wath et CaTin à la réal’) en studio et prête à concurrencer le trafic du Pont de Millau et du périph’ parisien réunis… Slackness à tous les étages, le vice s’évertue à rester au cœur des débats, amoureux ou pas… L’exemplaire aurait mérité d’être glissé sous blister au chaud avec un Hot Vidéo. Gangs, descentes d’organes, fluides corporelles et fornication, que demande le peuple ?

JR Ewing – Pour tes Oreilles N°1 (NY City Undaground & Independants Best Of 1997)

Pas la plus rare au final (j’en ai eu jusqu’à trois exemplaires, histoire de), mais indéniablement parmi les trois meilleures de toute la série grâce à un tracklist vraiment parfait. Hellboy en cover, c’est déjà l’indice d’un goût certain du graphisme et du soin apporté aux pochettes, alors que rappelons-nous, seuls certains DJ prêtaient vraiment attention à ce “détail” pourtant décisif quand l’heure d’accrocher l’œil était venue devant un étalage encombré de K7 chez ton marchand de disque. Même punition pour la duplication (en guise d’exemple, ceux qui ont bouffé de la Passe-Passe savent…), même si cette tape est la première (et pour le moment la seule) à avoir été – parfaitement – rééditée en un double CD). Le missile For Ya Ears est lancé et avec, une génération de copycat-crate diggers prête à cramer des CB sur Ebay et à renflouer généreusement le PIB du Japon… Tout ça à retardement. On en reparle d’ici quelques volumes.

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JR Ewing – Les Intouchables N°2

Le Clan des Siciliens de Verneuil succède au démon de Mignola, Sib Austin frappe un premier grand coup avec son graphisme, Raphaël ouvre et conclue la tape à thème, marque de fabrique du patron de South Fork qui “fuck Cliff Barnes”. Le “One Love” de Cormega, “Why ?” de NY Confidential, j’en passe, impair et manque, et des meilleures, etc… Tout se déroule suivant le Plan A puis le Plan B, bande originale rêvée d’une nouvelle de Chester Himes, la vie rêvée des thugs, indépendants et étoiles filantes sur cire…

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JR Ewing – Best Of Underground Hits 98 N°3

Bombes sur bombes… On commence à QB avec Cormega et son terrible “Testament” Def Jamien, puis la boucle est bouclée avec “Small World” de Nas. Le “Skies Above” de Kool G Rap est peut-être le meilleur morceau de sa vie, un Half-A-Mil prémonitoire décrit déjà son futur chez lui dans “Fire in Hell”, Eminem claque l’énorme “I Don’t Give a Fuck” et le “Unseen Hand” de Kinzmen appaise autant qu’il rend mélancolique… Le temps de l’écoute aura suffit au mec encapuché dans notre wagon pour qu’il salope banquettes et murs à coup de marqueurs et de bombes sans que l’on s’en aperçoive, comme sur la cover…

Bombes sur bombes, je vous disais…

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JR Ewing – Ghetto News N°4

Big L à l’honneur à l’entame de chaque face. Pain In Da Ass, imitateur officiel du Al Pacino en habits de Carlito Brigante ayant officié sur les intros d’album de Jay-Z, délivre un message d’amour en pleine affaire Lewinsky / Clinton avec son violentissime “OK I’m Reloaded”. The Clipse, déjà eux, font parler la poudre avec “The Funeral”, le “Fortruss” des Walkmen martyrise la Marche de l’Empereur Vador, alors que l’un des deux morceaux de bravoure de l’ensemble reste “Quiet Money” d’Half-A-Mil, qui n’en a plus pour très longtemps à vivre mais brûle le micro par les deux bouts comme il se doit avec AZ et Animal. Le second est l’ultra-classique “Devil Son” du gros Lamont qui se prend pour Macaulay Culkin avec la phrase mythique de Nas en accroche “When I was 12, I went to Hell for snuffing Jesus” (“Live at the BBQ” de Main Source). La musique adoucit les morts…

Pour l’anecdote, je dois cette tape à mon collègue de blog CaTin qui me l’a gracieusement cédée il y a quelques années moyennant un harcèlement méthodique de ma part. Et au début sans sa cover qui se trouvait dans une boîte à gants, en Suède, chez un ramasseur de fraises… Oui, il ne faut parfois pas chercher à comprendre, j’ai entre temps mis la main sur cette journalistique pochette, c’est tout ce qui compte.

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JR Ewing – Pure Premium vol.1 N°5 (90’s Underground Hits)

A l’heure où le baril de pétrole a dépassé la barrière des 100$, les disques enchainés sur cette tape n’ont pas attendu 2008 pour exploser les côtes comme la cargaison du Prestige ou de l’Amoco Cadiz. Du bon jus de fruit concentré, un zoom sur une époque dorée où un groupe strictement inconnu pouvait pondre une bombe et retomber aussitôt dans l’anonymat avec une carrière façon comète de Halley. Quasiment la mixtape parfaite, une des trois figurant au panthéon du genre avec la “Underground Flava” de DJ Bless et “Battle Zone” de DJ Three… Peut-être la k7 la plus connue, la plus plébiscitée et la plus diffusée du mari de Sue Ellen… Celle qui a aussi réveillé plus d’une âme de indie-lover et ruiné plus d’un foyer à coup d’enchères de folie sur Ebay… Celle qui a aussi causé une pleiade de wantlists consanguines, du style “il me faut absolument ce disque juste parce que Ewing l’a joué !” Waouh…

Independant as fuck” clamait déjà Company Flow. L’or noir à son meilleur.

Une des grandes figures du Djaying est à l’honneur pour ce billet spécial cover / tracklist inauguré précédemment par la trilogie Mizé Records devant les requêtes assez nombreuses qui me parviennent.

Crazy B et son compère Faster Jay étaient les véritables cautions Hip Hop d’Alliance Ethnik. Membre du Double H, l’homme à la salopette a été aussi honoré par les jurés des Championnats du Monde DMC que Poulidor par le palmarès du Tour de France. Toujours placé, jamais gagnant à l’international en solo, même s’il a régné sans partage sur les compétitions hexagonales. Pone, Netik, les mecs de C2C, autant de tueurs aux mains de cire qui descendent directement de la branche de ce technicien génial aujourd’hui allié aux Birdy Nam Nam…

Face “P”

Intro – Nous ne sommes pas des malades
Faut-il encore que le sang coule
La Tempête
Faster Jay – Fight The Power
Interlude
Dj Pone & Soul G – Freescratch
Crazy Booger
Mystic Style
Tonton scratcheur
Interlude ventilé
Old school style
Spectra Force
C’est moi le mâitre
Interlude endommagé
Pone & Crazy B – Pour baiser la reine
Breaker revenge
Outro – The godfather

Face “T”

Intro – Psyko
Ne me teste pas
I’m the scratch king
Rambo scratch
Tribe scratch
Oh shit !
Interlude
Gangstarr scratch
Dj Mouss aka Chorley
Interlude
Pone & Crazy B – Pas de bavures
A la dj scratch
Dj Mouss – pourquoi t’as pas descendu ?
Pink Panther
Pone & Crazy B – We got style
Crazy – Rouen 97

Face Q

Crazy Style
Session Exercize
Gymscratchin’ interlude
Biatch !
Rocky smooth Interlude
Degré de Technique : impressionnant
Espace temps : 2036
Session très très buzy all
Contact Dj’s
Freestyle Scratch Crazy B vs Dj Pone
Freestyle Scratch Crazy B vs Damage
Dj Pone vs Crazy B / Question-Réponse
La faim de la côté Q

Face X

Les Martiens débarquent
Let’s dance to the scratching beat
Jazzy Dream interlude
Vas-y Baby
Wild Style
Session cut-scratch-flare
Like This Y’all en français c’est comme ça !!
Smooth Jazzy Cool Funky Interlude Yeah Yo !
Freestyle DJ Pone vs Crazy B
Dj Damage & Dj Pone in your face
Interlude un peu mystérieuse dès que tu entres dans le vif du sujet, t’as l’impression qu’il va se passer quelque chose puis en fait y’a l’autre qui est au volant de sa caisse avec une gonzesse et il l’a B…
Freestyle Crazy B – Cut Killa
Le mot de la fin

Tapes à concept pour les deux premières (la troisième portant le nom de la série mais ne se pliant pas à une thématique donnée : sélection US et quelques interventions françaises), les k7 Mizé Record avaient le bon goût de servir des inédits sur mesure (avec des productions parfois aussi originales) puisque chaque prestation répondait à la question titre des projets : “Pourquoi tu prends le Mic ?” / “Est-ce suffisant de prendre conscience ?”. Leitmotiv au final bien connu des auditeurs de Kalash, instigateurs du projet, qui signèrent-là deux des meilleures cassettes hexagonales qui auraient mérité une sortie CD tant le tout est de bonne facture et les invités au rendez-vous. Mais les aficionados des bandes magnétiques ne s’en plaignèrent jamais, gardant pour eux le précieux secret à l’instar d’un Gollum sponsorisé par MAXELL C-90.

Réponses A/

Intro / Kalash / Double-J
Kalash
Pyroman & Neda
Les Débutants
Papifredo & Samy
Hardcore & Âme
Rocking Squat / Kalash / Saïd Tagmaoui
F-Dy & La Loco
Rocé & Less’ Du Neuf
Nex

Réponses B/

La Profécy
Ekoué & Vasquez
Crises en Thèmes
Don Pitchou / Apollo G / Mel K / Witty
Diam’s & Sous-Scellés
Les Repentis
Roussière Squal
Kabal
Outro / Dj Oz

Face A/

Intro
Scred Connexion
La Prophécie
Sheryo / Casey / Kalash
Mata
L’S-Kdrille
Hardcore & Âme
Lang Déliées
Nex-Koriace
La Caution

Face B/

Kalash
Mic Xeno
faf Larage
Sterna
Rockin’ Squat
Energumènes
Melopheelo & Passpartoo
Apothéose
Les Spécialistes / Guile / Mel K / Abuz
Tarik & Caps

http://www.myspace.com/kalashcoupkjackmes

http://www.myspace.com/coupk

http://www.myspace.com/wwwmyspacecomjackmes



http://www.megaupload.com/?d=QX2J465G

01.A3 – “Woke up this morning”
02.SON A BLUNTZ – “Don’t snooze”
03.MR D ORIGINAL – “Now u da man”
04.DA NABA HOOD THREAT – “Mind tricks”
05.BRASS TACKS – “Hidden insight”
06.WALKMEN – “The countdown”
07.POLECAT – “R.I.P”
08.MAJA LEAGUE – “Organized crime”
09.MAFIOSO CHAPTER – “Money ambitions”
10.MAFIOSO CRIME FAMILY – “Diniro”
11.NITTY GRITTY – “Tru-grain”
12.MONEY BOSS PLAYERS – “Gunplay”
13.C.H.A.O.S – “Death stalks”
14.CIPHER – “Peeps”
15.DOUBLE L – “Don’t ever doubt”
16.DRAMA KLUB – “Goin down”
17.BLACK EYE – “Blue black”
18.NOMAADS – “The ultimate”
19.RUTHLESS BASTARDS – “Ruthless bastards”

http://corrado.podomatic.com/

Aaaaah, ceux qui ont loupé la saison 1 ne pourront plus trouver d’excuses, l’homme Corrado est de retour avec une sélection indie aux petits oignons. L’occasion aussi de pique-niquer sur sa page de podcasts, histoire de vitaminer votre I-pod souffrant de diabète et de cholestérol avec tout les trucs trop gras que vous lui filez.

Certains prétendent avoir la tête haute et les mains propres alors que c’est l’exact opposé. Je milite pour “Artères bouchées mais oreilles propres”, les gens.

Et sans inverser, hein.


Attention, poids lourd. Première tape à rassembler un casting 100 % francophone, chose qui n’allait pas de soi à l’époque, la Freestyle de Cut Killer figure également parmi les toutes 1ères K7 mixées sorties sur notre sol. DJ Clyde et Cut Killer ont ouvert la brèche, suivis de très près par DJ Poska, pour peu à peu créer un appel d’air tel que le support mixtape se révèlera incontournable. Objet de promotion, carte de visite, champs d’expérimentation et de liberté, pas évident de se remettre toutefois dans le contexte de l’époque tant l’objet s’est banalisé rapidement, envahissant un temps les étalages de shops : à la portée de tout le monde, ultra démocratique, aidée d’une VPC qui arrose le pays. Mais la banalité a aussi contaminé l’objet en lui-même : tracklist fourre-tout, concepts et pochettes bas du front, mixtape pas mixée (oui, oui, mais bon, en même temps, aujourd’hui, il y a bien les « mixtapes CD », parfois pas mixées non plus). Pas de petits profits sans grandes économies. Moué. L’histoire se fera justice elle-même, reléguant au pilon les sorties hasardeuses.

Avec un indéniable flair et un réseau d’amis qu’il mettra en orbite le long de ses sorties (mixtapes spéciales Sleo, Too Leust, Fabe & East, K-Mel, Sages Poètes De La Rue, La Cliqua, I Am, Boogotop, Lunatic, Afrojazz, Ménage A 3, D.Abuz System, Mafia K’1Fry, que l’on retrouve d’ailleurs tous sur la K7 Freestyle), et même si ses 1ers galops d’essai sont majoritairement empreints d’une stricte sélection us avec de brèves apparitions d’artistes français, l’ami Cut Killer va dénicher les têtes de demain ou constituer une suite de rampe de lancement en concoctant les concepts de ses sorties suivant son invité (fil conducteurs tels que la radio FM pour la spéciale La Cliqua, la mystique autour du nombre 361 pour les 2 spéciales I AM, dialogues d’Usual Suspects pour la D.Abuz ou extraits de la série L’Envahisseur pour K-Mel d’Alliance Ethnik), et en laissant de côté l’amateurisme des pochettes rudimentaires et artisanales pour des visuels uniques (pochette mythique de Mode 2 pour La Cliqua, ou la très réussie pochette de Jahyze pour la Afrojazz). Un indéniable flair puisque la très grande majorité des invités mis en lumière sur la K7 Freestyle par exemple a marqué de son empreinte une période de l’histoire de cette musique en France. Night & Day et Pias n’auront qu’à se baisser pour gonfler leur catalogue. Bon, trêve de blah blah, « MAGNETOPHONE, SERGE !! »

Chaque titre est un morceau en soi, loin d’une prestation éclair et bâclée (productions originales pour les Beat 2 Boul par les Sages Po, les T.O.P par Kead, les Hip Hop Swing par Hasheem, I Am par Akhenaton, les Too Leust par Jee-M.G et Hostil par lui-même), et donne parfois lieu à un meeting entre membres de collectif, façon mariage où la fête est prétexte aux retrouvailles : Le Complot des Bas Fonds, La Cliqua, Le MA3 et le Beat 2 Boul’ se taillent logiquement la part du lion, supériorité numérique oblige. Mais la force du nombre n’est pas seule responsable du saccage sonore : Fabe, Lso, Bo Prophete, Koma, Jazzy Ko & Sly D.O, Egosyst, Doc Odnok, Rocca, Daddy Lord C, Raphaël, Doc TMC, G-Kill, Mr R, Lyon-S, Krokmitten, Philo, L.I.M, Boulox, Houssen, Ali & Booba, Zoxea, Melopheelo et Dany Dan. Schindler himself n’aurait pas pu sauver tout le monde tant la liste est longue ET impressionnante.

Autant dire que ceux qui ont mis le doigt dans l’engrenage à cette époque et ont ruiné la bande chrome de la K7 ressentiront quelques frissons et pardonneront quelques maladresses, facilités et flows qui se cherchent encore. Les cicatrices ne bronzent pas au soleil, mais la nostalgie fait office d’un bon Photoshop parfois, au détriment de l’objectivité. Un Fabe encore préoccupé essentiellement par l’egotrip, comme beaucoup de ses coreligionnaires, inaugure l’Exposition Universelle ; Befa, déjà autoproclamé « impertinent » fait croquer ses frères : les Bo Prophet alias Bobo Stara et sa voix caractéristique et éraillée puis Loss Lechar et son cheveu sur la langue qui en place une pour Lucien, LSO est représenté par Force Rouge aka Diable Rouge aka Trick-Pa, futur membre éphémère de l’équipée Time Bomb. Koma, méconnaissable, se cherche et tâtonne encore, rendant encore plus remarquable la sobriété et l’efficacité de ses prestations à partir de Tout est calculé et on décèle même déjà un embryon de décalage dans son texte (« je ne suis pas dangereux, /ni gangster ni le neveu/ d’un parrain de la mafia /je suis un gars comme toi… »), puis les Sleo concluent l’affaire pour le 3 Majeur Flow. Marrant d’entendre Jazzy Ko citer Hakim Tafer, boxeur français du moment absolument cité par tout le monde à l’époque (Daddy Lord Clarck, Booba, Zoxea…), assez pratique pour recontextualiser les débats. Les textes visent la forme avec un gros travail sur les sonorités (assonances et allitérations en pagaille), et le plaisir du jeu de mot à tout prix. Le rap contact exercé comme une discipline martiale, aidé en cela par l’émulation entre groupes et l’effervescence d’une nouvelle scène qui voit le jour lentement mais sûrement. Le seul arbitre de ce jeu-là était la base, avant qu’une radio, parmi d’autres causes, ne vienne perturber la donne, mette à genoux les radios Black List et ne fasse l’arbitre elle-même pour ladite base.

Les 2 Neg, pas encore accoquinés avec les 2 Bal Niggets, sont déjà en mission suicide. C’est nerveux, Eben et Niro lâchent les chevaux avec l’énergie qu’on leur connaîtra encore plus tard avec les jumeaux sur scène et sur disque.

Puis on ne sait plus où donner de la tête : Kohndo met la barre tellement haut qu’on ne se doute pas qu’une armée de Dick Fosbury viendra égaler sa perf’. Egosyst, la seconde moitié du Coup D’Etat Phonique, balafre comme à l’accoutumée l’auditeur d’une oreille à l’autre (avec en point d’orgue de ses prestations son couplet resté dans les annales sur Rap Contact I de la Compilation Arsenal Représente Le Vrai Hip Hop). Puis le massacre continue avec La Squadra. Rocca et le Dad ne frappent pas avec un jab de débutant. Certains lyrics seront reposés ailleurs, mais les voix et les flows tuent tellement et avec tant de facilité qu’on actionne volontiers la touche Rewind. Puis le très jeune Raphaël conclut comme il peut après de tels passages à tabac. Fumer les micros en public était encore toléré à l’époque, c’est beaucoup moins vrai aujourd’hui. Seulement 3 titres écoutés, et on en a eu largement pour notre temps et notre argent.

Suit Manu Key qui représente pour Mista Flow et le fabuleux Lil’ Jahson, avec DJ Mehdi aux cuts, et préfigure le scandaleux morceau que le mentor de la mafia africaine partagera avec Dany Dan, Gravé sur mes shoes. Les projets d’un album commun entre ces deux-là restera longtemps un serpent de mer, alimenté par le titre Mon pote & moi où les 2 compères remettront ça encore une fois.
Crokmitaine et le D.O.C ouvrent le bal façon Carrie : vibe horrorcore pour le 1er, étonnant slackness pour le dérangé Docteur TMC, même le Triple-12 Quai des Orfèvres est en branle. Mais l’onanisme ne s’arrêtera pas là : Philo, G-Kill, Mr R et Lyon-S finissent de répandre les restes d’Agent Orange et on s’échappe comme on peut en imitant Kim Phuc.

Courte pause afrocentriste de B-Love bien manichéenne comme il faut, puis des chœurs horribles précèdent Abuz, toujours épileptique au micro. Re-pause avec les Poètes Hop Jazz : Vibe, Welcome et M.J ramènent le chant pour le plus grand bien des tachycardes jusqu’ici peu épargnés. Les très jeunes Petits Boss, alors plus exposés en France que leurs aînés du Double Pact grâce entre autre à leurs contacts avec La Cliqua, débitent un peu tout et n’importe quoi sans être encore trop sûrs d’eux. Avec aux cuts DJ James (qui sera lancé dans le bain des k7 mixées par Cut Killer, en passant), les Roots Neg K-Reen, Manifest et le tueur Nob allient chant (grâce à K-Reen) et rap (K-Reen est aussi de la partie dans ce registre) avec déjà une préoccupation qui sera constante le long de leurs apparitions toujours marquantes (11’30 Contre Les Lois Racistes, Ma 6-Té Va Crack-Er, compilation Cercle Rouge et divers mixtapes) : la négritude, héritière d’un Cheikh Anta Diop, d’un Césaire ou d’un Senghor, loin des ersatz afrocentriques d’une Nation Of Islam vainement importés par certains de nos compatriotes. Les Lyr-X, déjà évoqués dans les articles précédents, livrent le minimum syndical et soignent leur CV ni vus ni connus, puis les Hip Hop Swing (nés sur les cendres des défunts N’Groove avec Tino, Joce et Hasheem avec à leur actif un maxi produit par Boom Bass & Zdar) constituent la caution New Jack du projet, à l’heure où les Jodeci, Guy, Blackstreet ont déjà explosé outre-atlantique. Seuls restent Joce et Hasheem qui balafreront d’ailleurs à l’époque la compilation Sensitive et terminent ici notre Face A en douceur.

Et c’est le duo du Côté Obscur qui ouvre la marche pour la Face B. Akhenaton et Shurik’N sont à l’aise comme à domicile ; le maître des lieux leur offrira d’ailleurs 2 mixtapes concepts à eux seuls (mixtapes 19 361 vol.1 & 2). Du lourd qui annonce la même année le définitif et parfait monolithe Métèque & Mat. L’académie Beat 2 Boul lâche les chiens : le juvénile Houcen (Movez Lang) récidive après les 2èmes Cool Sessions de Jimmy Jay, puis vient la violente passe d’armes des Lunatic, récents évadés du Coup D’Etat Phonique d’Egosyst et Kohndo qui drainait aussi les Less’ Du Neuf dans son sillon. Les flows se cherchent encore, entre précipitation et la limite du off-beat, quête définitivement résolue lors de leur passage vers Time Bomb. Si certains lyrics d’Ali seront repiqués façon scratch sur le terrible “La Réalité” d’Akhenaton, le duo laissera sa carte de visite pour la mixtape n°13 de Cut qui leur sera donc dédiée quelques temps après. Le dandy bandit Dan découpe littéralement avec ses placements caractéristiques et ses phases venues d’ailleurs avant de laisser la conclusion au posé Melopheelo et au Zoxeakopat qui part en sucette. La camisole n’est pas loin, mais c’est pour la bonne cause.

Dans un registre aussi énervé, les encore méconnus Afrojazz posent des jalons qui leur permettront de décrocher eux aussi une tape concept entière avec l’ami Cut Killer. Ca braille dans tous les sens, on n’est pas forcément convaincu sur le coup, mais la bataille rangée se terminera en bataillon par la suite. Perle noire sera là pour en témoigner.

Comme d’habitude, on zappe assez vite Saliha, puis Big Foot et Hostile (La Bande de Gaza), proches du 501 Posse et des Démocrates D, ramènent un peu de violence après cet intermède nasillard et plan plan. Cartel Despee alias Sept et Baron Faty (futur Boogotop), trafiquants de rimes assumés, assurent leur intervention sans bavure. Mr Sept n’aurait d’ailleurs pas dépareillé à l’époque parmi les 2 Bal’. A l’époque parce que de gutturale, sa voix est devenue caverneuse. Les Dieux de L’Olympe peuvent en témoigner.
Suite des ramifications avec la tribu Jimmy Jay Productions : Ricardo des Lamifa passe les plats vers les membres du Damier pour un des temps forts de la cassette. Chant et kick combinés, on a l’impression d’entendre un « Banlieue Nord » bis de la part de jeunes loups affamés comme La Tribu (qui feront sa 1ère partie en compagnie de La Cliqua à l’Elysée Montmartre en conclusion de sa tournée pour son 1er LP), Osmoz ou Les Blues qui limite mettent à l’amende Ménélik.

Ayant tout juste traversé de pare en pare l’album Deenastyle de Dee Nasty, les T.O.P (Type Original de Poètes ou Top Of Paris) reprennent du service. Le couplet et refrain du patron East sera repris pour « Du bon côté du revolver » avec Eros sur son E.P posthume EastWoo. Après le vandalisme urbain, la leçon est studieusement appliquée à la musique. La Comatec les remercie.

Osez des Sens Unik puis surtout Doudou et Joël de Timide & Sans Complexe mettent la pression, accompagnés de Cut Killer par ses scratchs de la voix de Fabe. La fête vire au macabre, les corbillards et les vautours s’invitent au banquet qui redevient festif le temps de la partie d’Original Blue Funk avec Jimmy et son frère Busta Flex. Le 1er rappe façon vinyle calé à l’envers en accélerant et décélérant à loisir, le 2nd a déjà des tics que l’on retrouvera sur Les Schyzos avec des accents de hyène rieuse en fin de mesures. La conclusion est laissée aux Too Leust, déjà responsables de la tape n°9 de Cut Killer en tant qu’invités principaux. Jee-M.G alias Juan Marco, ex New Generation Mc’s tout comme Eddy Boostafunk alias Eddy Kent, et Bal 2 Match ferment la marche avec un gigantesque name dropping reprenant un bon nombre d’acteurs du mouvement.

N’en jetez plus, l’abattoir est complet.

Carmina Burana en musique de fond de l’intro, puis la session scratch démarre : Casey, Busta Flex, Faf La Rage, Rocca, Lunatic, Hill-G, La Squadra, Koalition, Akhenaton… et Joey qui éructe un drop. Fin 1997, la 25ème de Poska est lancée. La 25 de Poska, c’est un peu sa #.50 MC’s de Tony Touch à lui, divisée par deux donc : dans certains domaines, le cours du dollar sera toujours immuablement supérieur à celui du franc, ou désormais de l’€uro, même si l’effort est, dans ce cas, louable et plus que probant. La 1ère What’s The Flavor ? de Poska est sortie en 1994 via la structure Lyr.X Records et Phunky Maestro Flavor Production (qui deviendra officiellement un label fin 1997, Funky Maestro Entertainment). Sa série de tapes à la sélection strictement u.s laissera la porte ouverte aux groupes français à partir de la n°20, les 2 Bal’ Niggets et Soul Swing inaugurant la nouvelle ère. La n°23 Spéciale Time Bomb, avec sa pochette et son casting mythiques, laisse déjà penser que l’homme de la Face B a entrevu la formule secrète pour concocter des classiques sur bande magnétique. Le théorème n’aura pas mis longtemps à être appris et appliqué : les meilleures instrus des maxis fraîchement débarqués d’outre-atlantique, casting trié sur le volet avec les meilleurs rookies du moment, quelques copains, une pincée d’inconnus prêts pour l’éclosion, voire parfois aussitôt mort-nés pour certains d’entre eux dès que l’autoreverse du poste en aura fini avec sa mission. La What’s The Flavor ? n°25 est née et fera date.

Busta Flex, dans la continuité de ses apparitions sur le LP éponyme de Lone et de sa récente carte de visite que constitue son E.P, fait dans la fraîcheur et dans l’impro. Même si Redman et Keith Murray sont demandés à l’accueil pour un test de paternité, ça fonctionne.Ca ne fonctionnera d’ailleurs plus jamais aussi bien.

Koalition (Sully Sefil, Austere, DJ Shean, anciennement membres et danseurs actifs des TKS (The Kriminal Stars)) est représenté ici par l’homme aux tâches de rousseur, adepte un temps (très court) du rap contact, énergique et offensif.

Déboule la Section Fu : Dexter, Voodoo, Linko & Rudee, clones fades (Fade them all de Jamal, appliqué à la française, t’as vu) du Boot Camp Click et plus précisément des Heltah Skeltah. C’est un peu ce genre d’expérience ratée qui donne une telle valeur à des groupes comme les X-Men qui avaient les mêmes influences mais étaient parvenus à bien les digérer pour en faire un truc à eux. Comme dans leur E.P Mortal Kombat, les rimes riches sont légion, et ça sonne vite déclinaisons et désinences de latin. Tout ça leur passera, bien heureusement, mais on souffre un peu en attendant.

« Ameute la foule et tout les entourages, dis leur que Rimeurs A Gages est dans les parages » : Foutabarge, F-Dy Phenomen et Disiz La Peste ouvrent la Samsonite et posent au grand jour (pour un projet national, j’entends) la 1ère pierre d’un collectif à la vie une fois de plus éphémère sur disque. La clique se retrouvera partiellement sur la compilation Homecore et ne concrétisera jamais un effort collectif sur disque. Dommage : grains de voix et flows variés, et comme nous le prouveront les parcours solos, identités et univers bien personnels auraient mérités que l’aventure se prolonge davantage. Des Rimeurs A Gages réduits au silence collectivement donc, mais leurs silencieux n’ont jamais trop eu le temps de refroidir pour leurs équipées en solo avec des parcours plus ou moins heureux.

L’explosion Time Bomb suit son cours avec les Jedi qui inaugurent la session du collectif sur la k7. Kamal & Kassim ne sont pas venus seuls puisque dans leur sillage traîne le méconnu Sy-Zeus, qui n’est autre que celui qui se fera appelé Iron Sy quelques temps plus tard. La nébuleuse autour de la Team au logo à la bombe à retardement comprend quelques noms tels que la Yusiness (Usine + Business, oui oui), groupe originaire de Marne la Vallée, comme DJ Mars et qui passera un temps sous le giron de Funky Maestro, ou même l’S-Kdrille du roadster C II La Balle de Ziko et Bam’s (qui héberge déjà les tout aussi juvéniles Nysay). Tellement juvéniles, précoces et surdoués que la rumeur laisse entendre qu’ils n’écrivent pas leurs textes, improbable tellement ils retranscrivent encore à l’époque leurs délires et préoccupations d’adolescents (cf. Le rêve sur Definition Of Hip Hop vol.1 de DJ Enuff).

L’esquisse de la future Scred Connexion est tracée avec ses membres les + talentueux : Morad démarre avec l’amertume qui le caractérisera toujours, suivi par Koma, toujours aussi mortel. Puis le patron passe à table : Fabe avec son phrasé inimitable (la preuve, personne n’a jamais essayé/réussi à pomper son flow particulier, sport pourtant national chez les rappeurs hexagonaux en manque d’inspiration), efficace et tranchant comme à son habitude, remporte la mise et se barre sans payer l’addition.

Moitié du groupe Daomen, Jerry Dafunkyla déroule son flow paresseux, nonchalant (paternité déclarée mais jamais égalée avec Moda sur la compilation Nouvelle Donne vol.1) et vaguement américanisé avec plus ou moins de réussite. De la grosse rime qui tâche, un fâcheux penchant pour le off beat sont pêle-mêle les qualités de Jerry qui aura l’étrange privilège d’entrer dans le cercle très fermé des artistes à se faire systématiquement dérouiller et laminer par leurs invités sur leur propre album et autres projets (Underground Classic, en l’occurrence).

Manu Key le old timer délaisse Different Teep un temps pour une courte prestation, suivi par la féroce et dangereuse Casey pour une des apparitions les plus marquante du projet sur le Death Be The Penalty de Shabazz the Disciple :

« Démissionnaire du système scolaire / début du sommaire / d’une banale réalité / de mon curriculum à éviter / activités journalières : goûter la galère, / poirauter des heures entières, / rêver de prospérité ; / seulement dans la passivité / le temps passe si vite et / ma nonchalance précipite / mes finances dans le déficit. / La suite / que la raison suscite, je la crains : / affronter le monde du taff / se lever tôt le matin / putain, c’est pas pour moi/ j’me connais ce défaut rageant / d’être allergique au travail dès qu’il me faut de l’argent / décourageants tous ces entretiens d’embauche /guette les embûches, / des obstacles dès que j’trébuche / quand j’épluche les petites annonces / attend de maudites réponses / joue les cruches qui crachent pas dans la soupe quand je m’enfonce ; / j’y renonce, mon orientation se prononce / pour la débrouille ma solution : la magouille ; / sans ambitions je vadrouille / bredouille, le cerveau sous embrouille / … et mon futur me fout la trouille ».

« (…) 20ans, / encore chez maman / pour le moment / bilan ? / pas d’boulot, les bras ballants / je reste; / tout effort m’est indigeste/ pas de valeurs manifestes / juste un désir de fuir la sieste qui m’infeste / et puis en pleine apathie / une chance me sourit / un nouvel appui / vers mon premier produit / le Dooeen Damage… »

Pour paraphraser un slogan de Less du Neuf, c’est un exemple parfait de « technique et intellect », la rare, parfaite et dévastatrice alliance du fond et de la forme. Ses prestations seront toujours aussi prometteuses, et on sait désormais qu’elle mettra des années pour transformer le plomb pourtant prometteur des featurings et multiples apparitions sur mixtapes en l’or que peut constituer un projet personnel et abouti. Ator, celui qui lui avait mis le pied à l’étrier pour sa toute 1ère trace discographique sur la compilation sarcellite L’Art d’utiliser son savoir (dont le leitmotiv a visiblement bien été appliqué par la bougresse) , est dédicacé dans les dernières secondes de sa violente saillie. On le remercie aussi.

Polo (du crew 3DT), membre de la furtive et stérile aventure du Black Tagga avec DJ Clyde, Solo d’Assassin et JoeyStarr (rahhh, les photos de pubs de Solo & Polo pour Homecore), a dû beaucoup écouter Lucien, intonations et accent ne mentent pas. La case prison sera de mise au bout du compte, et + ou – tragiquement, également un dénominateur commun pour ces deux-là. Ses faits d’armes auront été brefs : sa voix nasillarde et son flow nonchalant se seront promenés sur Panne sèche (Hostile 1), Make Doe et Hot Time plus confidentiels, La monnaie blesse et 3’30 Pour Un Freestyle sur L 432.

Une des toutes 1eres apparitions de Nasme (clique Trouble Fêtes), vu depuis sur l’album d’Hifi, la compil Sang D’Encre Haut Débit, et en clash/impro dans le Couvre-Feu face à Effilo. Vraiment méconnaissable si on le redécouvre à rebours, sans sa voix devenue rocailleuse et forcée.

L’inconnu Secret D’Etat lâche un pur leust pour une intervention malheureusement trop courte juste avant Driver toujours égal à lui-même, poussant même la chansonnette. Pas eu la carrière qu’il méritait, le bonhomme. Mic Beth aka Seul II Seul, reconnaissable à sa voix particulière, tire son épingle du jeu suivi de près par ses proches de Quitte Ou Double.

Les Sages Poètes, de retour d’hibernation, font redécoller le tracé sur notre graphique cardiaque d’auditeur : l’homme Dany Dan survole (encore) les débats avec un Zoxea en grande forme, et amorcent le retour aux affaires avec Beat 2 Boul Dans La Sono, avant le formidable et définitif Jusqu’à l’amour. Les bordelais de Katrofazz, N’Pears et Aspeak, ramènent la province dans le débat et clôturent la face A.

La Relève (Reny et Lil’T, le toaster D-Ton et DJ Gab, accompagnés d’habitude de leurs 4 musiciens) disciples français des The Roots d’ailleurs invités sur leur EP Retour Aux Sources, sont à l’aise dans les ambiances cosy jazzy et autres trucs en –zy pour parodier un frooty blogger fameux. Démarche originale pour l’époque ou les wutangueries et mobbdeeperies étaient généralisées. On perdra leur trace après la compil Police. Bavure maquillée en fugue, coup classique des forces de l’ordre. L’Amber Alert (non, pas Christophe “L’Ambert”, non non) n’existait pas à l’époque.

Arrive alors le second coup de boule du tracklist : Qrono et Nubi des Futuristiq avec leur hook qui a fait le tour des CNRS de France: « des clodos, des clans d’clowns veulent nous cloner, imitent les types de mon équipe et piquent nos phases codées ». On retrouve l’agilité d’un Hifi (qui signera la prod de leur titre Napalm sur Hostile vol.2) ou des sensationnels Aktëfrazë dans le placement, egotrip et jeux de mots pour la diatribe anti-wacks tant en vogue alors.

(…) « Certes ici les faux fixent le flow, mais aucun type n’ose / nous regarder en face par peur de l’hypnose. / On dispose / des derniers prototypes de prose / sortis sur le marché, / ma clique met la machine en marche et / rien ne peut nous stopper / dans notre épopée / vers la fortune, / si t’es fort tu ni- /-ques la misère, / c’est pas un mystère, / mon flow c’est du whisky : / avale cul sec, ta tête tourne / à pleine bourre, / tu guettes déjà la prochaine teille-bou ; / apprécie / le millésime / du prochain millénaire, / je décime / ceux qui m’ont mis les nerfs / alors évite / de faire des faux-pas, / faux gars / tu simules / quand l’alcool te stimule, / la main sur les testicules / tu hurles, / tu gesticules, / t’as beau user de subterfuges / c’est superflu / moi mon super flow / colle au beat comme la super glu ».
Ah oui quand même. Forcément, il nous faut bien Shankane pour retrouver des stigmates d’activités sur l’encéphalogramme, et elle y arrive plutôt bien. Merci encore Shankane.

La présence de Lyr-X (Teknik et Bikiz au micro, et Poska himself aux platines) est légitime. La sortie de la 1ère mixtape de Poska en 1994 a coïncidé avec une k7 5 titres auto produite par le groupe qui est à l’origine de la franchise What’s The Flavor ?. « Comme Ophélie je n’ai pas d’soucis », visiblement, ça a picolé avant la prise ou si non, ils auraient du.

Oxmo truste tous les projets du moment pour notre plus grand bonheur, il en sera d’ailleurs récompensé : seul artiste de la 1ère équipée Time Bomb à sortir en solo, qui plus est en major avec un effort solo qui se logera au panthéon des meilleurs disques de la courte histoire de cette musique en France. Le seul qui restera fidèle au label qui l’a révélé après ses aventures avec le D.A System et S-Kiv, le seul qui ne sortira ni égratigné ni sali de ces histoires d’yeux plus gros que le ventre. Mieux vaut parfois feindre la myopie comme disent les réformés au service. Ecriture à tiroirs, délires de narrateur à la Slick Rick, égotrips toujours à contre courant ou pensées sombres d’un Black Mafieux en quête d’une utopique rédemption sur les chemins du repentir, l’homme est complet. Paradoxalement, celui qui avait développé officiellement le délire fictions dans l’écurie Time Bomb, était sans doute celui qui livrait le plus de lui-même et ce sans se travestir ni jouer de rôles.

L’Agression Verbale avec Ol Kainry, Honers, Ricardo, Rismo et Georgetown puis les remarquables mais trop rares Ex-Nihilo (DJ Doze de retour de l’aventure angevine Soul Choc, Mega Scorcese et l’énorme Vincenzo Lokkko) nettoient la piste avant de mettre sur orbite les 2 Bal’ Niggets sur le Foundation d’Xzibit. La tornade 3 X Plus Efficace bat son plein dans les bacs et connaît son prolongement jusque ici. Le D.O.C et G-Kill déploient leur complicité forcément congénitale sur la magnifique prod de Muggs.

Antidote gribouille ses rimes dans l’indifférence générale, puis la guerre est déclarée pour de bon : Iron Sy, donc, Kassim (Jedi), un scratch avec la voix de Booba en pleine confection de ses pâtes au thon à l’heure où Ali (Lunatic) et Hill-G excellent (comme d’habitude) sur l’instru d’Hoodlum et dominent les débats en France, seulement concurrencés par les troupes de la Fourche Ligne Zoo de La Cliqua. Proche de la clique, Metek des Refrès, à l’aise, complète le tableau.

Les Sleo fournissent le minimum syndical, puis en bons bouchers, Papifredo et le violent Stor-K font la livraison de leur demi-livre hebdomadaire de viande rouge.
De A à Z portaient bien leur nom : l’alpha & l’omega, le début et la fin, résumé de toute leur carrière qui est née et morte ici même, pour mes oreilles tout du moins. Le groupe au logo reconnaissable entre mille, aux voix et flow tout aussi originaux et propres : Acid, Fredo, le K.Fear, Base, John Deido et Doc.K, « membres de La Brigade », mettent à sac les locaux avec un passage de relais façon expédition punitive à chaque kick de micro.

Le dénommé Rafale disparaît à son tour aussi vite qu’il était arrivé, servant d’intermède à la famille D.Abuz avec Les Spécialistes. Toujours aussi démonstratif, Abuz invente même la rustine de la rime après une succession de rimes en -ri : « (…) où qui finiront en –ry comme le petit Grégory ». Le frooty blogger n’a rien inventé finalement. Dontcha Flex et les Resk-P achèvent la bête si tant est qu’elle bouge encore. La mauvaise langue en moi aurait dit que la chanteuse au refrain nous a nous aussi achevé, mais pas de la même manière.

A noter que la cassette a été rééditée en CD à l’occasion de la sortie de la 50ème What’s The Flavor ?, amputée quand même d’un bon ¼ d’heure.

Au panthéon des mixtapes au casting 100% hexagonal, la Opération Coup De Poing a fait date. Elle ne sera finalement concurrencée que par la Freestyle de Cut Killer et la Poska #.25 dans le même genre, semant les dernières Dontcha de quelques centimètres (trop courtes, argh). Sortie sous la bannière du label Court-Circuit en bizz avec Passe Passe, habituellement tourné vers la distribution sur le sol français des K7 d’outre atlantique du label Tape Kingz, elle est le thermomètre de la nouvelle scène française de l’époque avec la surreprésentation de l’écurie Time Bomb et la mise en avant de quelques groupes encore confidentiels (Nysay, Less Du Neuf) ou carrément inconnus (Dezé et sa clique Les Diksas/Issus de L’Ombre). Elle servira aussi d’aide-mémoire grâce aux dédicaces de sa pochette : Mike Tyson vient juste d’arracher sur le ring une demi-livre de viande fraîche à Hollyfield, et Booba paye toujours les intérêts de son taxi-baskets manqué. Il n’y a pas que le crime qui paie.
Face Direct Du Droit.
Ca commence fort avec l’intro de Dj Cream : sous vos applaudissements, le maître de cérémonie n’est autre que Jacques Martin qui annonce la couleur sur fond de Brigadier Sabari d’Alpha Blondy, titre dont une des lignes donnera son nom à la mixtape, et fait place à une méchante phrase accouchée grâce à une bonne série de scratchs cohérents mis bout à bout. On retrouvera la même recette scratchs/éléments de variet’ pour les intros des 2 faces de l’éloquente Ensemble Contre La Musique de France, autre tape concept sortie chez Passe Passe un peu plus tard.
Sur la lancée de son apparition sur Guet Apens de Weedy et le T.I.N, en bon boucher, Rohff ne fait pas de détails et met en pièce le ICE CREAM de Raekwon. Les Refrès et Dezé nous laisseront reprendre une pause que l’on ne retrouvera qu’à la fin de la face A pour les orphelins de l’autoreverse : la clique Time Bomb débarque au grand complet, si l’on excepte Booba, et le All Star Game peut commencer. Les bas de survet’ sont otés à vitesse grand V, ça démarre avec le membre de la team sans doute le plus sous estimé mais peut être mon préféré à l’époque et toujours aujourd’hui avec le recul : le texte d’Hi-Fi est une punchline géante de A à Z, comme à chaque fois ( « Tous issus d’la même grande famille, d’la même graine,/ pourtant la stupide cupidité gangrène/ jusqu’à mon propre bras droit /mes scarlas sont/ adroits /dans l’mensonge/ autant qu’ moi dans l’message/ j’ai des textes extras voir terrestres comme Roswell/ mais qui respirent toute la souffrance des négros comme le gospel… » ). Sans forcer, le bonhomme enfile les paniers comme M.J contre les Blazers et Clyde Drexler. Puis Ill-G (présent sur 2 freestyles solo et le morceau Le Club des Millionnaires) prend ses marques avec tout autant de facilité sur Intérêts & Origines, conclu par un « ton style est mort, mes condoléances » qui fera sourire bien des gens qui l’ont pompé honteusement depuis. Les rookies Kassim & Kamal a.k.a Jedi enchaînent sans faux pas et remontent le terrain pour servir Cassidy, « en route pour son meeting comme dans Get on the bus » : « mes amis s’animent, mes ennemis nous miment, nous singent, au loin 2 sorties d’secours, le rap et le oinj’ et sacrés comme les cendres qu’on tej’dans le fleuve Gange ». Arrive l’hymne d’un club dont tout le monde est membre au fond, on s’est tous fait notre délire « Si j’étais millionnaire », J-Zone en a également fait son leitmotiv depuis. Dialogue culte entre Tony et Mani, et c’est parti : Pit Baccardi inaugure l’affaire avec un couplet qu’il lâchera ensuite absolument partout, suivi de Kamal et d’Oxmo à l’aise dans l’exercice du story telling qui s’écarte même du thème initial pour terminer par un attentat revendiqué par la Black Mafia. On croit que c’est terminé, mais non, « on nous remet ça » et Ill ramène la dose de luxure qu’on attendait au concept et on imagine même la version clipée du bordel des ghetto millionnaires.
Courte pause publicitaire signée Nitro (qui avait déjà commis un truc dans le genre pour 88.2 et Original Bombattack) et les Pom Pom Girls font place aux 2/3 des Sages Poètes, fraîchement entendus à la même époque sur My Definition of Hip Hop vol.1 de Dj Enuff, prestations qui marqueront leur retour et la fin de leur silence depuis Qu’est ce qui fait marcher les sages et ses maxis. Mélopheelo et Zoxea remettent donc le couvert, suivis par leurs compatriotes altoséquanais Nysay, comprenant Cash (alias Salif) et Exs, le duo juvénile du label CII La Balle de Ziko. Grosse complicité, passe-passes, lyrics offensifs comme la grenade. Mêmes origines départementales, mêmes qualités avec des armes différentes pour Less Du Neuf juste avant une nouvelle histoire du black mafieux Oxmo Puccino dans le rôle de La Taupe. Le Time’s Up d’O.C permet le ball-trap parfait de Calbo et Lino qui plomberaient la cible même avec une arme enrayée. Time Bomb reprend le match là où ils l’avaient laissé, c’est-à-dire en écrasant la concurrence : Pit et encore davantage Ill soignent le goal-average, puis on découvre Cris alias Le K, devenu beatmaker sous le nom de Cris Prolific (Civilisé et La Lettre de Lunatic, Nique la Hala de Ali et son propre titre sur Opération Coup de Poing, Dieu a béni mon clan des X-men, le fabuleux LP de Beedjy, celui réellement fabuleux de Düne, entre beaucoup d’autres, c’est lui). La seule fois où je l’ai entendu poser une autre fois, c’était sur 88.2 lors de la session Time Bomb / I Am. Les notes de l’ultra usé mais toujours terriblement efficace Crab de Fierce permettent à Oxmo de lâcher ses fictions le temps de quelques mesures inquiètes et raisonnablement pessimistes et d’être l’artiste le + présent de toute la tape (2 freestyles solo, Le Club des Millionnaires, Esprit Mafieux).
Son maxi Jeu D’Enfant (sur la face B) paraissant en même temps que la mixtape, qui plus est chez Court-Circuit, Dezé débarque pour la 2nde fois et bénéficie de l’éclairage indirect de la vitrine jusqu’ici mise en valeur. On a connu pire comme mise en orbite, même si on l’oublie assez vite quand émerge la 2ème tête des Lunatic qui défoncera les arbitres récalcitrants comme le 1er jour de soldes chez Footlocker et mettra fin au débat s’il y en avait un :
« D’la rue j’suis pas une victime,/ j’trime fort pour sortir de là,/ idem pour ceux d’mon clan /faut qu’on serre les rangs/ c’est comme la guerre, on s’bat pour une cause perdue,/ une terre stérile comme au Sahel,/ on finira dispersés comme les 12 Tribus d’Israël,/ c’est l’enfer sur terre , priere pour mon salut,/ y’a qu’à voir en Somalie des gosses humiliés,/ décors d’Apocalypse,/ des corps calcinés,/ des frères servent de passe-temps aux soldats à la solde de l’O.N.U,/ après ça ils s’disent pourquoi on a la haine en nous …»
Face Morsure à L’Oreille.
Pas de répit, le temps de retourner la K7 et c’est reparti de plus belle : inauguration de ce qui deviendra une appellation contrôlée, Mafia Cainfri, et le baptême tourne au gang bang. Kéry James au sommet de son art, AP (113) Rohff et Mista Flow (Di Teep) déjà connus des autorités et les rookies révélations Yézi L’Escroc et Karlito qui marquent de leur empreinte la longue session. Point d’orgue de la partie fine, l’instru It’s The Pee remix de PMDAP lâche son couplet de Le quartier est agité, Kéry celui de J’ai mal au cœur du futur Le Combat continue à venir, et Karlito celui non moins mythique de La voie que j’ai donné à ma vie de la compil Nouvelle Donne. Hommage à Rocco Siffredi au refrain sur ICE CREAM, puis le gang bang finit en expédition punitive.
La session Banlieue Sud se termine et passe le témoin à une session Sudiste : la Fonky Family pose ce qui deviendra Sans Rémission sur leur album, puis Le Rat kicke l’énorme couplet de Rien à perdre sur l’instru du Mégotrip, titre finalement exécuté dans la foulée avec Sentenza et Freeman. Arrive un joyau initialement destiné exclusivement à une radio parisienne, Esprits Mafieux d’Oxmo & Ali, moitiés du groupe mort-né Le Bridge (avec Booba et Pit). Saint Preux prête ses notes à la science et l’autopsie laisse son quota habituel de punchlines :
« (…) C’est l’automne toute l’année, j’suis un arbre/ les potes tombent de mes branches, / les juges restent de marbre et m’laisse navré/ j’parle pas que d’moi, mais de toi aussi /je sais que tu le sais et si/ tu choisis d’en rire devant tes potes je sais que chez toi t’es die/ sapristi quel triste texte / j’essaie d’être gai mais/ j’écris c’que j’ai… »)

L’apparition d’Ali rappelle un peu le featuring des Lunatic sur 16 Rimes de La Brigade : court mais intense, limite j’te vole la vedette sans forcer. Le remake de ce titre sur le 1er LP de Busta Flex était déjà voué à être ridicule avant même d’avoir été commis :

« O.X.M.O Puccino, qu’est c’qu’on dit à ceux qui jouent les Nino/Brown, ici j’représente les mino/rités, mon créneau/donné de naissance, / sado inné pour dominer avec de l’aisance/ mon expérience me donne l’impression à 20 piges passées d’en avoir 50/ sache que le peu de respect qu’j’ai va pour mes parents/ j’pourrai prêcher la bonne parole comme un témoin de Jéhovah/ mais comment veux tu/ que/ dans ce monde de putes/ je/ puisse dire aux gosses que tout va bien/ A.L.I pour le Bridge/ lyrics de prestige. »

Tek des Refrès défonce littéralement le sample de Qui d’Aznavour avec L’Or Noir, meilleur titre du groupe jusqu’à aujourd’hui (alors que ce titre n’est qu’un solo en fin de compte, oui je sais), Dezé dépose sa carte de visite vinyl sur la cassette mixée, se payant même la fin de la face B avec sa troupe Les Diksas / Issus de L’Ombre, encadrant le brûlant Les Vrais Savent des Lunatic avec le grand absent du projet qui s’exprime enfin par un moyen détourné.

A noter les absences de gens comme Fabe, les collectifs du Ménage A 3, de La Cliqua ou d’ATK (même si on peut chipoter avec la présence des Refrès, ok) qui n’auraient pas démérité non plus. Mais le regret culmine lorsqu’on relit le texte promotionnel annonçant la sortie de la tape dans un des catalogues Passe Passe :

La cassette réunit sur une face les Freestyles exclusifs de :

Ali (Lunatic)/Rappeur Dezé/Monsieur Hill (Xmen)/Cassidy (Xmen)/Hi-Fi/Oxmo Puccino/Pit Baccardi/Ekoué & Le Franc-Tireur (La Rumeur)/Ärsenik/Kéry MC (Ideal J)/113 Clan/Mafia Cainfri (94)/Kamal & Kassim (Jedi)/Les Refrés/La Brigade.

Sur l’autre face,une sélection serrée de nouveautés,d’inédits et d’introuvables enchaînés & mixés par Dj Chester,Lord Issa,& Dj Noise des Natural DJ’s avec : Les inédits “ J’Crache Ma Vérité ” & ” Article XI (Liberté D’Expression) ” enregistrés cet hiver par la crème du rap français ( Akhenaton/Fonky Family/Rappeur Dezé/Little Ronnie/Expression Direkt/Ärsenik/Ministère Ä.M.E.R) en réaction à la condamnation anti-constitutionnelle prononcée contre NTM en octobre + ” Jeu D’Enfant ” ,le détonnant 1er single de Dezé produit par Juju, sérieux pavé dans la ” mare aux canards ” du rap français, + le superbe ” Esprits Mafieux “d’Oxmo Puccino avec Ali des Lunatic, exclusivement enregistré pour une diffusion underground, + ” Criminel “, le cri de ralliement des lascars de Garges-Sarcelles et de Meaux avec Passi et Stomy B. du Ministère Ä.M.E.R, Arco & Mystik, Ärsenik & Ben-J des Neg Marrons , + “Le Retour Du Shit Squad ” , l’irrésistible hymne à la fumette de la Fonky Family, Faf Larage, Sentenza, Freeman & Le 3è Oeil + Bien d’autres morceaux triés parmi les succès underground , les classiques et les incontournables du rap en français.

Il en sera autrement au final. Problèmes de droits, embrouilles quelconques, on ne connaîtra jamais les raisons du remaniement tout comme on ne verra jamais la couleur de la version initiale de la K7, même si une des sessions studio a au moins bel et bien eu lieu.
La preuve ? Un papier de Jean-Pierre Seck dans L’Affiche, quelques temps avant la sortie du projet. Spots braqués vers Thibault de Passe Passe avec une anecdote :

« (…) Un des titres phares de cette k7 risque d’être le morceau ‘J’Crache ma vérité ‘. On y retrouve notamment Luciano Le Rat, parfait exemple de l’éclosion du rap français. « On a sorti l’instru en studio et on a proposé à la Fonky Family d’écrire sur la liberté d’expression. Ils ont tous suivi mais Le Rat avait l’air vraiment ailleurs. Il est reparti cinq minutes après son arrivée. On a du prendre la voiture et on l’a cherché pendant trois quart d’heure. Il était en train de chercher une bière pour ambiancer. On l’a ramené au studio, il a fait sa première prise. C’était de l’or pour les oreilles. Lui n’en était pas content. Le mec a fait neuf prises, neuf raps différents. Il n’arrivait pas à faire la dernière. Il a demandé qu’on baisse la lumière, s’est mis à genoux dans la cabine, a baissé son micro à hauteur de la bouche, mis son bonnet sur la tête pour ne rien voir et être concentré sur ce qu’il disait. Il a fait sa meilleure prise. »

Oui oui, ça fait toujours mal, même presque 10 ans après : à la fois la tape finale que nos lecteurs K7 ont joué des dizaines de fois, et son fantôme jamais sorti et ultra fantasmé par ceux connaissant son existence.
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